Des rites oubliés, enquête menée par Jacques Gélis et Jean-Jacques Immel.

Chers adhérents, chers lecteurs,

Monsieur Jean-Jacques Immel a la gentillesse de nous autoriser à publier l’enquête qu’il a réalisée avec Monsieur Jacques Gélis sur des rites oubliés, intitulée De la maison mortuaire au cimetière: le « cercueil du pauvre », la pierre d’attente » et la « porte des morts ».

        

 

vous  trouverez ci dessous son introduction et l’intégralité de cette enquête en pièce jointe.

Bonne lecture.

Patrick Daviot.

De la maison mortuaire au cimetière : « cercueil du pauvre », « pierre d’attente » et « porte des morts »

Jacques GÉLIS et Jean-Jacques IMMEL

    

Au chapitre du patrimoine et des rites oubliés, il faut sans aucun doute classer le « cercueil du pauvre », la « pierre d’attente » et la « porte des morts ». Ces oublis sont d’autant plus curieux que ces « meubles » s’inscrivaient encore à l’aube du XXe siècle dans une tradition religieuse bien vivante dans beaucoup de régions. Mais ce n’est là au fond qu’un exemple de plus de cette amnésie de la société à l’égard de tout un pan d’une culture qui a disparu avec l’effondrement progressif des anciennes traditions, et qui a entraîné un infléchissement de la liturgie de la mort. En raviver le souvenir, c’est là tout l’objet de cette contribution.

Mais de quoi s’agit-il ?

Dans toute société, ce qui touche à la mort, au mort, a toujours été codifié. Crainte de la mort et respect du mort ont conduit à l’établissement de règles, de rituels dans lesquels les communautés et les familles se reconnaissaient. Rappelons simplement que dans l’occident chrétien, « Ensevelir les morts » était l’une des sept Œuvres de Miséricorde, l’une des obligations majeures du croyant. Et au Moyen Âge finissant, les artistes, les peintres surtout, ont illustré cette dévotion.

Depuis les années 1960, historiens et anthropologues ont étudié avec soin les rites mortuaires ; ils se sont intéressés à l’évolution du sentiment de la mort, à la célébration des funérailles et au dernier acte de l’aventure humaine, à la sépulture dans le cimetière. Mais l’intervalle qui sépare le moment de la mort de la cérémonie funèbre est resté dans l’ombre et demeure aujourd’hui largement méconnu. Il y a là un temps du rite dont « l’étude reste à faire », comme le soulignait en 2003 l’historien médiéviste Jean-Loup Lemaître.

Cet article constitue la première esquisse d’une enquête en cours sur trois témoins des pratiques funéraires passées qui ont pourtant laissé des traces, en Essonne en particulier. Les rituels diocésains et les textes synodaux insistent principalement sur le rôle, sur la place du prêtre lors des funérailles, mais ils évoquent peu les usages qui nous intéressent ici. Ce sont donc les lieux eux mêmes qui nous renseignent sur ces reliquats, sur ces traces que l’on ne sait plus voir ou que l’on interprète mal : telles ces « pierres d’attente des morts », situées à la porte de certaines églises, que l’on prend volontiers pour des bancs… Mais qui d’ailleurs s’assied encore aujourd’hui sur un banc à la porte d’une église ?

 

Enquête de Jacques Elis et Jean Jacques Immel-Le cercueil du pauvre, la pierre d’attente et la porte des morts.

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